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Détournement de Ryanair : l’Europe répond à la Biélorussie

mercredi, 26 mai, 2021 - 09:15

Le détournement de l'avion de Ryanair est une crise sans précédent en Europe depuis des décennies. Mais l'unanimité contre Minsk est pour l'instant impossible, car Moscou et ses alliés ne faciliteront pas les sanctions éventuelles lors du Conseil de sécurité de l'ONU qui se tiendra mercredi.

Le détournement du vol de Ryanair et l’arrestation du journaliste Roman Protassevitch par le Belarus a pris la communauté internationale par surprise, provoquant une levée de boucliers au sein de l’Union européenne. “Terrorisme d’Etat” est le constat le plus commun à travers le continent et, selon l’ancien ambassadeur britannique au Bélarus, Nigel Gould-Davies, le président Loukachenko envoie plusieurs messages : “Le premier est qu’il ne se soucie pas vraiment de ce que pense la communauté internationale. Le second, c’est qu’il se sent en sécurité et, en plus de cela, il envoie également le message que personne n’est à l’abri de la répression biélorusse”.

Les Vingt-sept ont aussitôt suivi l’exemple de plusieurs compagnies aériennes qui ont décidé d’annuler les vols à destination de Minsk et de fermer l’espace aérien de l’UE aux avions biélorusses. L’isolement de Minsk est particulièrement dommageable pour les voyageurs russes qui transitent par Minsk. Des mesures économiques ciblées sont en préparation, tout comme l’allongement de la liste des personnes et entités biélorusses déjà visées par des sanctions.

Minsk dépasse la ligne rouge

Confronté depuis des mois à une contestation importante dans le pays, le président Loukachenko a peut-être commis le geste de trop. Pourtant, l’alliance entre l’Europe, l’OTAN et les Etat-Unis sur le sujet ne garantit pas que la pression soit assez forte pour faire plier sa politique répressive. Des centaines de protestants ont déjà été incarcérées pour de lourdes peines de prison. La violence et la torture sont dénoncées par une des principales opposantes au régime, Svetlana Tikhanovskaïa, en exil en Lituanie, qui espère des sanctions plus importantes : “La suspension des vols au-dessus du Belarus ne résout pas le vrai problème. Le régime de Loukachenko est une menace pour la sécurité régionale et européenne”.

Car le président bélarusse n’est pas si isolé. Les relations entre Minsk et Moscou ne sont pas au beau fixe, mais la Russie, et les pays alliés en Europe, soutiennent toujours le président dictateur. Poutine prendra-t-il ses distances avec Loukachenko et décidera-t-il de sa chute? Faut-il reconnaître officiellement la Biélorussie dans les instances de l’Union européenne? Pour Emmanuel Macron, l’Europe a “besoin de recadrer très profondément” sa relation avec la Russie et les pays qui lui sont proches. Le Conseil européen a demandé à la Commission pour juin un rapport sur la manière de répondre “aux provocations successives” de la Russie.


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