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La Belgique autorise la prostitition

lundi, 6 juin, 2022 - 11:16

Premier pays en Europe ouvrir des droits réels aux travailleurs(es) du sexe (TDS), la Belgique poursuit un agenda sociétal favorable aux minorités afin de leur accorder des droits similaires aux autres salariés.

A travers l’Europe et ailleurs, les travailleurSEs du sexe (TDS) cherchent à obtenir des droits pour protéger leur situation et leur santé. Depuis le 1er juin, les TDS sont des professionnel(le)s à part entière, suite à une loi sur le droit pénal concernant les infractions sexuelles. Cette législation large prend en compte l’intégration de la notion de consentement, une définition légale du viol plus large et surtout la dépénalisation totale de la prostitution. C’est une première en Europe.

En effet, si des législations similaires existent dans d’autres pays européens, les droits ne sont pas aussi protecteurs. En Allemagne, pour être un(e) prostitué(e), il faut un contrat de travail, ce qui n’est pas toujours le cas, surtout à notre époque où le travail du sexe est souvent effectué via la plateforme OnlyFans. La loi belge s’attaque toujours au proxénétisme afin de stopper le profit obtenu sur les personnes fragiles physiquement ou psychologiquement. D’après la police belge, il y aurait 26.000 prostitué(e)s dans le pays, mais selon l’Université catholique de Louvain, le chiffre serait plus proche de 6000. Selon le texte voté par les parlementaires en mars dernier, les prostituées peuvent désormais bénéficier des mêmes droits que tous les travailleurs belges. En outre, elles pourront accéder à l’ensemble de la protection sociale – de la maladie au chômage – au même titre que les salariés « classiques ».

Un pays novateur sur les questions sociétales

Depuis une vingtaine d’années, la Belgique fait partie des pays, comme les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne, qui ont beaucoup évolué sur les sujets de société (aide de fin de vie, cannabis thérapeutique, etc). En 2002, c’était le deuxième pays au monde à rendre l’euthanasie possible. Un an plus tard, le mariage entre personnes de même sexe était légalisé. Depuis, de nombreuses lesbiennes sont allées en Belgique, ou en Espagne, pour obtenir la PMA, alors que la réforme trainait en France, sous les mandats de Hollande et Macron. Cela ne veut pas dire que la Belgique accepte tout : depuis 2017, le pays a durci sa législation sur le cannabis, conséquence du commerce important dans les Pays-Bas voisins.

A travers le monde, les TDS réclament des droits qui mettraient fin aux discriminations, qui permettent de lutter contre la traite d’être humains, mais surtout de garantir un droit à la santé et au logement. Par exemple, c’est un sujet de conflit récurrent entre les associations comme le Strass – Syndicat du travail du sexe et la Mairie de Paris, en France.  D’autant plus que la prostitution s’est banalisée sous le terme d’escort, beaucoup plus large, qui concerne désormais les hommes, les réfugié(e)s ou les étudiant(e)s qui cherchent à arrondir leurs fins de mois ou de survivre à la crise.« L’histoire nous a montré que le seul outil pour lutter contre l’esclavage, ce sont les droits. Et, en criminalisant, on crée une zone de non-droit », explique Daan Bauwens, directeur de l’organisation de représentation des travailleuses (et travailleurs) du sexe


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