Syndicate content

Accord sur un plafonnement des prix du pétrole russe

dimanche, 4 décembre, 2022 - 12:14

Après de longues négociations, les 27 pays de l'Union européenne ont finalement décidé d'un plafonnement à 60 dollars par baril du pétrole russe afin de limiter le financement de la guerre en Ukraine. Une décision qui pourrait faire augmenter les prix à la pompe.

On attendait le feu vert de Varsovie après que les ambassadeurs des pays membres de l’UE se soient coordonnés avec leurs alliés du G7, notamment les Américains, les Britanniques et l’Australie. La Russie a tiré 67 milliards d’euros de ses ventes de pétrole à l’UE depuis le début de la guerre en Ukraine alors que son budget militaire annuel s’élève à environ 60 milliards par an, rappelle Phuc-Vinh Nguyen, expert des questions énergétiques à l’Institut Jacques-Delors. Le dispositif de l’UE doit interdire aux entreprises de fournir les services permettant le transport maritime (fret, assurance…) du pétrole russe au-delà du plafond de 60 dollars, afin de limiter les recettes tirées par Moscou de ses livraisons à des pays comme la Chine ou l’Inde. La Russie étant le deuxième exportateur mondial de brut, il serait très simple de livrer à de nouveaux acheteurs aux prix du marché. Pourtant, le cours du baril de pétrole russe (brut de l’Oural) évolue actuellement aux environs de 65 dollars, soit à peine plus que le plafond européen, d’où un impact effectivement limité à court terme.

« Du jamais vu »

Outre l’embargo de l’UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime, qui va supprimer les deux tiers des achats de brut à la Russie, certains experts craignent une déstabilisation du marché mondial du pétrole et s’interrogent sur la réaction des pays de l’Opep. De plus, pour Phuc-Vinh Nguyen, le plafonnement envisagé soulève de nombreuses questions. « Un plafond de prix du pétrole, ça ne s’est jamais vu. On est dans l’inconnu », résume-t-il, en soulignant que la réaction des pays producteurs de l’Opep ou de gros acheteurs comme l’Inde ou la Chine sera cruciale. Le but de ce mécanisme est davantage destiné à priver la Russie de bénéfices, si le prix du baril remonte, ce qui pourrait être le cas si la situation s’améliore en Chine face au Covid-19.

Les producteurs de pétrole de l’Opep se réunissent d’ailleurs à Paris aujourd’hui. Le Kremlin a prévenu qu’il ne livrerait plus de pétrole aux pays qui adopteraient ce mécanisme de plafonnement du prix. Ce qui va placer certaines nations « dans une position très inconfortable : choisir entre perdre l’accès au brut russe bon marché ou s’exposer aux sanctions du G7 », explique Craig Erlam, analyste chez Oanda. Devant ces inconnues, l’alliance pourrait décider de « rester à l’écart des projecteurs et surveiller si les cours montent en flèche » après ce nouveau train de sanctions, explique DNB, anticipant une réunion « discrète ». « On n’est pas à l’abri, dans les semaines à venir, de constater une augmentation du prix à la pompe », observe Patrice Geoffron, professeur de Sciences économiques à l’université Paris-Dauphine et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières.


Mots clés
,
Réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pays