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L’Europe, continent de la diversité religieuse, voit la religion décliner

mercredi, 15 juillet, 2020 - 10:16

Sur fond de déclin de l’affiliation religieuse à l’ouest, l’Europe reste imprégnée par le christianisme. La plupart des pays sont à majorité catholique mais le protestantisme est très présent au nord tandis que l’orthodoxie domine en Europe orientale. L’Islam demeure très minoritaire.

Très majoritairement de culture chrétienne, l’Europe n’en est pas moins un continent où règne une extrême diversité religieuse. Une diversité en termes d’Eglises de référence rattachées au christianisme, que ce soit le catholicisme romain, le protestantisme dans toutes ses formes ou l’orthodoxie.

Diversité également en termes de nombre d’affiliés, de pratique religieuse et d’importance de la population se déclarant non-croyante. Diversité enfin en matière de religions minoritaires, au premier rang desquelles l’Islam.

Près de 50% de catholiques dans l’UE…

Un peu moins de la moitié des Européens de l’UE se disent d’affiliation catholique, référence avant tout culturelle qui ne signifie ni croyance, ni pratique religieuse.

16 pays de l’Union sur 28 (si l’on comptabilise toujours le Royaume-Uni) sont ainsi à majorité catholique, en Europe de l’Ouest et du Sud (Italie, Espagne, France, Belgique, Irlande, Portugal…), mais aussi en Europe centrale (Pologne, Hongrie, Croatie, Autriche…).

En France, près d’un Français sur deux se rattache au catholicisme (48%) ; c’est bien moins qu’en Espagne (65%) et surtout qu’en Italie (78%).

… à côté de pays protestants, orthodoxes et mixtes

Environ 12% des Européens adhèrent au protestantisme, nettement majoritaire en Scandinavie et en Lettonie. Et 8% de la population de l’Union se réfère à l’orthodoxie majoritaire en Roumanie, Bulgarie, Grèce et à Chypre.

Enfin, quatre pays peuvent être considérés comme parfaitement « mixtes » : il s’agit de l’Allemagne où le nombre de catholiques (28%) dépasse désormais légèrement celui des protestants (26%).

Il y a le Royaume-Uni où aux 20% d’anglicans s’ajoutent 15% de protestants et 13% de catholiques. Et puis les Pays-Bas où les catholiques (22%) ont pris l’avantage sur les protestants (18%).

Enfin, un dernier petit pays singulier, l’Estonie où le nombre de protestants, de catholiques et d’orthodoxes s’équilibrent à peu près.

La moitié des musulmans ne se réfèrent pas à l’Islam

Aucun pays de l’UE n’abrite une population majoritairement musulmane puisque l’Albanie ou la fédération de Bosnie-Herzégovine ne font pas partie de l’Union.

En revanche, plusieurs Etats – France, Suède, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne… – connaissent ou ont connu une forte immigration venant de pays d’obédience musulmane et cette population y représente de 5 à 9% du total.

Mais l’affiliation déclarée à la religion musulmane est moins élevée – entre 2 et 5% – ce qui indique que la moitié ou plus des citoyens de culture musulmane ne se réfère pas à l’Islam.

Ce décalage n’est à vrai dire pas spécifique à l’Islam puisque, dans de nombreux pays d’Europe occidentale (à l’exception de l’Italie et du Portugal), guère plus d’un tiers de ceux qui se déclarent chrétiens pratiquent leur religion ne serait-ce que de façon occasionnelle.

500.000 citoyens de culture juive en France

Les populations d’origine juive constituent partout une minorité très réduite, même en France où ils sont de loin les mieux représentés (490.000 personnes contre 290.000 en Grande Bretagne et 105.000 en Allemagne).

Et les affiliations déclarées à la religion juive ne concernent au plus que la moitié de cette population de culture judaïque.

Les agnostiques plus nombreux que les athées, sauf en France

On s’en doute, l’importance de ceux qui se déclarent « non-croyants » s’est considérablement accru depuis un demi-siècle.

On compte un gros quart des européens ne se rattachant à aucune religion, qu’ils se disent athées (ceux qui rejettent toute idée de Dieu) ou bien agnostiques (ceux pour qui l’existence de Dieu est une question insoluble et la religion une création humaine).

Mais cette absence de référence religieuse est très réduite – moins de 15% – dans plusieurs pays comme l’Italie, le Portugal, la Grèce, l’Irlande, la Pologne, la Croatie, la Roumanie…

L’irréligiosité est en revanche très forte – autour de 50% – en Suède, aux Pays-Bas, en république tchèque. Et les non-croyants sont également nombreux – au moins 40% – en France.

En outre, la France est le pays qui, en Europe, compte le plus d’athées (plus de 20%), alors qu’ailleurs les non-croyants sont principalement agnostiques. Cette spécificité française est à rapprocher de la laïcité active revendiquée par de nombreux citoyens de l’Hexagone.

Recul marqué de l’identification religieuse chez les jeunes

Sauf dans les pays situés à l’Est de l’Europe, le recul de l’identification religieuse est général. Et il est particulièrement marqué chez les jeunes de 16 à 29 ans comme l’a montré une étude récente de l’Institut catholique de Paris et de l’Université catholique de Londres.

En France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Suède, de 65 à 75% des jeunes se déclarent « sans religion ». Ils sont encore 55% en Espagne mais seulement 45% en Allemagne.

Outre-Rhin, 44% des 16-29 ans s’affirment encore ou catholiques ou protestants alors qu’ils ne sont que 25% en France et moins de 20% au Royaume-Uni, Pays-Bas et Suède.

Un dernier fait intéressant est cependant à noter : 10% des jeunes français et belges se déclarent « musulmans ». Ce n’est pas forcément le signe que les nouvelles générations pratiquent cette religion mais du moins qu’ils s’y identifient beaucoup plus fortement que leurs ainés.


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